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Perpignan · Pyrénées-Orientales (66)

Expulser son locataire à Perpignan : CCAPEX, FSL et étapes

7 min de lectureRévisé par Me Pierre-Louis Roquet, avocat

tribunal judiciaire de Perpignan

Expulser son locataire à Perpignan : quand la CCAPEX est alertée, comment le FSL des Pyrénées-Orientales peut solder la dette et quelles étapes respecter.

L'essentiel

Expulser son locataire à Perpignan relève du juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Perpignan, seul tribunal judiciaire des Pyrénées-Orientales. La commission départementale de prévention des expulsions, la CCAPEX, est informée à chaque grande étape de la procédure. Le fonds de solidarité pour le logement du département peut aider le locataire à régler sa dette. Perpignan n'est ni en zone tendue ni soumise à l'encadrement des loyers.

Selon l'Insee, le taux de pauvreté atteignait 36,2 % à Perpignan en 2023, et 56,8 % des ménages sont locataires de leur résidence principale. La population est presque stable, avec une hausse moyenne de 0,2 % par an depuis 2017. Dans ce contexte, expulser son locataire à Perpignan ne se limite pas à un face-à-face avec le juge. La procédure croise, à chaque étape, les dispositifs publics de prévention. Les connaître permet d'anticiper les délais, de répondre aux sollicitations des services sociaux et, parfois, d'obtenir le paiement de la dette sans aller jusqu'à l'expulsion. Les autres villes sont présentées dans notre guide de l'expulsion locataire par ville.

Expulser son locataire à Perpignan : le tribunal et le cadre local

Le litige relève du juge des contentieux de la protection, le juge du tribunal judiciaire chargé des baux d'habitation. Le tribunal judiciaire de Perpignan est le seul tribunal judiciaire des Pyrénées-Orientales, et il ne compte pas de chambre de proximité (tableau IV annexé au code de l'organisation judiciaire). Que le logement soit situé à Perpignan, à Canet-en-Roussillon ou à Céret, c'est donc devant ce tribunal que l'affaire est portée. L'assignation est notifiée au préfet des Pyrénées-Orientales.

Perpignan ne figure pas sur la liste des zones tendues fixée par le décret n° 2013-392 du 10 mai 2013. Plusieurs communes du département, rattachées à l'agglomération de Saint-Cyprien, y figurent en revanche : Argelès-sur-Mer, Collioure, Elne, Port-Vendres ou Saint-Cyprien. La différence a des effets concrets :

  • à Perpignan, le locataire qui donne congé doit respecter un préavis de trois mois, sauf cas particuliers prévus par l'article 15 de la loi du 6 juillet 1989, comme l'obtention d'un premier emploi, une perte d'emploi ou le bénéfice du revenu de solidarité active ;
  • dans les communes en zone tendue, ce préavis est d'un mois, et le loyer d'un logement remis en location est plafonné par un décret annuel.

L'encadrement des loyers de la loi ELAN ne s'applique pas dans le département, à la différence de la situation de qui veut expulser son locataire à Montpellier.

Les moments où la CCAPEX est alertée

La commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives, ou CCAPEX, est coprésidée par le préfet et le président du conseil départemental (article 7-2 de la loi du 31 mai 1990). Elle oriente les ménages vers l'accompagnement social, le FSL ou la commission de surendettement. La loi organise son information tout au long de la procédure :

Moment de la procédureQui informe la CCAPEXCe que cela déclenche
Commandement de payer, bailleur particulier ou SCI familialeLe commissaire de justice, si l'impayé dure depuis deux mois sans interruption ou atteint deux fois le loyer hors chargesLe préfet fait réaliser un diagnostic social et financier
Avant l'assignation, autre bailleur personne moraleLe bailleur, au moins deux mois avant l'assignationÀ défaut, la demande est irrecevable
AssignationNotification au préfet au moins six semaines avant l'audienceDiagnostic transmis au juge et à la CCAPEX
Décision d'expulsion devenue définitive, ou accordant des délais de paiementLe commissaire de justiceInformation de la commission, qui suit le ménage
Commandement de quitter les lieuxLe commissaire de justice saisit le préfet, qui informe la CCAPEXSans cette saisine, le délai avant expulsion est suspendu
Demande et octroi du concours de la force publiqueLe préfetLors de l'octroi, la commission saisit le service intégré d'accueil et d'orientation pour une demande d'hébergement

Ces règles figurent à l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989, à l'article L. 412-5 du code des procédures civiles d'exécution et à l'article 7-2 de la loi de 1990. Vous pouvez aussi saisir la commission vous-même, à tout stade.

Bailleur personne morale : la saisine préalable est obligatoire

Si vous louez par une société autre qu'une SCI familiale, vous devez saisir la CCAPEX au moins deux mois avant de faire assigner le locataire. Sans cette saisine, la demande est irrecevable (article 24, II, de la loi du 6 juillet 1989).

Le FSL des Pyrénées-Orientales : une aide pour solder la dette

Dans les Pyrénées-Orientales, une charte de prévention et de traitement des expulsions locatives a été signée le 25 novembre 2020 par le préfet et la présidente du conseil départemental. Elle recense les engagements des acteurs de la prévention des expulsions. De son côté, le fonds de solidarité pour le logement (FSL) du département peut accorder au locataire une subvention ou un prêt pour régler des loyers et charges impayés. Selon le département, l'aide est soumise à des conditions de ressources et de loyer, et elle n'est ni systématique ni récurrente. La demande se fait au moyen d'un dossier unique ; au-delà de 800 €, le dossier doit être monté avec un travailleur social.

La loi protège aussi le bailleur dans cette démarche : l'aide ne peut pas être subordonnée à son accord, ni à un abandon de créance de sa part. Des modalités d'urgence doivent être prévues pour les ménages assignés en résiliation du bail (article 6-1 de la loi du 31 mai 1990). Le commandement de payer rappelle d'ailleurs au locataire qu'il peut saisir le FSL, dont il indique l'adresse (article 24, I).

Pour vous, une dette réglée par le FSL est une dette payée. Il est souvent utile de répondre rapidement aux services sociaux qui vous contactent et de leur transmettre un décompte précis.

Surendettement : ce dont le juge doit tenir compte

Lorsque la situation du locataire est très dégradée, un dossier de surendettement peut être ouvert. L'article 24 de la loi de 1989 organise alors l'articulation avec la procédure d'expulsion. Le juge invite d'abord les parties à lui signaler toute procédure de surendettement (article 24, V).

Si une procédure a été ouverte et que le locataire a repris le paiement du loyer et des charges au jour de l'audience, le juge qui constate l'acquisition de la clause résolutoire doit accorder des délais calés sur la procédure. Il les accorde jusqu'au plan ou aux mesures de la commission de surendettement si le dossier a été déclaré recevable, ou selon les modalités du plan s'il a déjà été adopté (article 24, VI). Notre guide sur les délais de paiement du locataire détaille ces mécanismes.

Effacement des dettes : deux ans de suspension

Lorsqu'un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire a été imposé ou prononcé, le juge suspend les effets de la clause résolutoire pendant deux ans. Si le locataire paie loyers et charges pendant cette période, la clause est réputée ne pas avoir joué (article 24, VIII, de la loi du 6 juillet 1989).

Pour vous, la conséquence pratique est simple : répondez aux demandes de la commission de surendettement en justifiant votre créance, et surveillez le paiement du loyer courant, qui reste dû dans tous les cas.

Expulser son locataire à Perpignan après le jugement

Une fois l'expulsion ordonnée et le jugement signifié, le commandement de quitter les lieux ouvre un délai de deux mois avant toute expulsion. Le juge peut accorder des délais d'un mois à un an, en tenant compte de la bonne ou mauvaise volonté de l'occupant, de l'âge, de la santé et de la situation de famille de chacun, ainsi que des démarches faites pour se reloger (article L. 412-4 du code des procédures civiles d'exécution).

Ce délai de deux mois peut lui-même être prorogé par le juge, pour trois mois au plus, lorsque l'expulsion aurait des conséquences d'une exceptionnelle dureté, notamment en raison de la période de l'année ou des conditions météorologiques (article L. 412-2). Aucune expulsion n'est exécutée du 1er novembre au 31 mars, sauf si le relogement est assuré (article L. 412-6).

Si le locataire reste malgré tout, le commissaire de justice demande au préfet le concours de la force publique, c'est-à-dire l'intervention des forces de l'ordre. Le silence gardé deux mois vaut refus (article R. 153-1). Un refus, ou une absence de réponse, ouvre droit à une réparation par l'État, dont les modalités d'évaluation sont fixées par décret (article L. 153-1). Pendant tout ce temps, l'occupant reste redevable de l'indemnité d'occupation fixée par le juge.

Permis de louer, coût et accompagnement

La ville soumet à autorisation préalable de mise en location les logements des quartiers Saint-Jacques, Saint-Matthieu et La Réal, à compter du 1er septembre 2021 selon la ville. Aucun bail ne peut y être signé tant que la mise en location n'a pas été autorisée. Dans le périmètre Action Cœur de Ville, une déclaration de mise en location doit être faite dans les quinze jours de la signature du bail. La ville précise que les locations aux étudiants sont concernées.

Louer sans autorisation expose à une amende, mais reste sans effet sur le bail (articles L. 635-7 et L. 635-8 du code de la construction et de l'habitation) : le locataire doit toujours son loyer.

Les autres villes d'Occitanie ont leurs propres règles : un tribunal de proximité à Muret pour qui veut expulser son locataire à Toulouse, un rôle central de l'aide au logement pour qui veut expulser son locataire à Nîmes.

Les actes sont délivrés par un commissaire de justice, selon un tarif réglementé ; le détail de nos frais figure sur la page tarifs. expulsezvotrelocataire.fr n'est ni commissaire de justice ni avocat : il coordonne les professionnels compétents dans les Pyrénées-Orientales. Aucun résultat ne peut être promis, car le juge apprécie chaque situation.

Expulser son locataire à Perpignan suppose de tenir compte, à chaque étape, de la CCAPEX et des aides au maintien. Pour savoir où en est votre dossier, faites le diagnostic gratuit.

Questions fréquentes des bailleurs à Perpignan

Perpignan est-elle en zone tendue ?
Non. Perpignan ne figure pas sur la liste des zones tendues du décret n° 2013-392 du 10 mai 2013. Plusieurs communes de l'agglomération de Saint-Cyprien y figurent en revanche, dont Argelès-sur-Mer, Collioure, Elne, Port-Vendres et Saint-Cyprien. L'encadrement des loyers ne s'applique pas non plus à Perpignan.
À quel moment la CCAPEX est-elle informée d'un impayé ?
Dès le commandement de payer si vous êtes un particulier ou une SCI familiale et que l'impayé dure depuis deux mois ou atteint deux fois le loyer hors charges. Elle l'est ensuite lors de l'assignation, de la décision du juge, du commandement de quitter les lieux et de la demande de concours de la force publique. Vous pouvez aussi la saisir vous-même à tout moment.
Le FSL des Pyrénées-Orientales peut-il payer la dette de mon locataire ?
Il peut accorder au locataire une subvention ou un prêt pour régler des loyers et charges impayés, sous conditions de ressources et de loyer. L'aide n'est ni systématique ni récurrente. Au-delà de 800 euros, le dossier doit être monté avec un travailleur social.
Mon locataire a déposé un dossier de surendettement : puis-je encore l'expulser ?
La procédure reste possible, mais le juge doit tenir compte du surendettement. Si le dossier a été déclaré recevable et que le locataire a repris le paiement du loyer, le juge accorde des délais calés sur la procédure de surendettement. En cas d'effacement des dettes, il suspend la clause résolutoire pendant deux ans.
Faut-il un permis de louer à Perpignan ?
Oui dans les quartiers Saint-Jacques, Saint-Matthieu et La Réal, où aucun bail ne peut être signé sans autorisation préalable de la ville. Dans le périmètre Action Cœur de Ville, une simple déclaration est exigée dans les quinze jours de la signature du bail. Ces règles concernent aussi les locations aux étudiants.

Sources

  1. Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 24 — Signalement du commandement à la CCAPEX, saisine préalable par les personnes morales, notification au préfet, surendettement
  2. Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 15 — Préavis du locataire, cas de préavis réduit à un mois
  3. Loi n° 90-449 du 31 mai 1990, article 7-2 — Missions et information de la CCAPEX
  4. Loi n° 90-449 du 31 mai 1990, article 6-1 — Conditions d’octroi des aides du FSL
  5. Code des procédures civiles d'exécution, article L. 412-5 — Saisine du préfet dès le commandement de quitter les lieux
  6. Code des procédures civiles d'exécution, article L. 412-4 — Durée et critères des délais accordés par le juge
  7. Décret n° 2013-392 du 10 mai 2013, annexe — Liste des communes des zones tendues (agglomération de Saint-Cyprien)
  8. Code de l'organisation judiciaire, annexe, tableau IV — Ressort du tribunal judiciaire de Perpignan
  9. Services de l’État dans les Pyrénées-Orientales, charte de prévention et de traitement des expulsions locatives — Charte signée le 25 novembre 2020
  10. Département des Pyrénées-Orientales, Fonds de solidarité pour le logement — Aides au maintien dans le logement, dossier unique de demande
  11. Ville de Perpignan, permis de louer — Autorisation préalable à Saint-Jacques, Saint-Matthieu et La Réal, déclaration dans le périmètre Action Cœur de Ville
  12. Insee, dossier complet, commune de Perpignan (66136) — Taux de pauvreté 2023 (Filosofi), statut d’occupation des résidences principales (recensement 2023)

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