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Limoges · Haute-Vienne (87)

Expulser son locataire à Limoges : bail ancien, délais, recours

7 min de lectureRévisé par Me Pierre-Louis Roquet, avocat

tribunal judiciaire de Limoges

Expulser son locataire à Limoges quand le bail est ancien : délai du commandement, dette prescrite, représentation du bailleur âgé, trêve hivernale.

L'essentiel

Pour expulser un locataire à Limoges, il faut saisir le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Limoges, après un commandement de payer resté sans effet. Avec un locataire installé de longue date, relisez la clause résolutoire du bail : si elle prévoit deux mois, laissez deux mois plutôt que six semaines. Ne laissez pas la dette vieillir, car les loyers se prescrivent par trois ans. Si vous êtes âgé, un enfant ou un proche peut vous représenter à l'audience avec un pouvoir spécial.

À Limoges, il n'est pas rare qu'un locataire occupe le même logement depuis de longues années. On laisse alors passer un retard, puis deux, par habitude ou par égard. Le jour où il faut expulser son locataire à Limoges, trois questions se posent que les dossiers récents ignorent : quel délai inscrire dans le commandement d'un bail ancien, quelle part de la dette est encore réclamable, et comment mener la procédure quand on n'a plus l'âge ou l'envie de courir au tribunal.

Limoges : une population qui vieillit, des locataires installés

Selon le recensement de 2023 de l'INSEE, Limoges compte 129 937 habitants, contre 136 221 en 2012. 22,7 % des habitants ont 65 ans ou plus. Sur 73 272 résidences principales, 58,9 % sont occupées par des locataires, dont 20,3 % dans un logement HLM loué vide. 38,7 % des ménages occupent leur logement depuis dix ans ou plus. Les locataires y résident depuis 7,1 ans en moyenne, les propriétaires depuis 20,4 ans.

Limoges n'est pas en zone tendue : la commune ne figure pas dans l'annexe du décret n° 2013-392 du 10 mai 2013, dans sa rédaction issue du décret n° 2025-1267 du 22 décembre 2025. L'encadrement des loyers ne s'y applique pas : la fiche officielle de service-public.gouv.fr, vérifiée le 1er août 2026, ne cite aucune commune de la Haute-Vienne. La procédure d'expulsion, elle, est nationale.

Un bail ancien : quel délai dans le commandement de payer ?

Le commandement de payer est l'acte du commissaire de justice, l'ancien huissier, qui réclame la dette et met en œuvre la clause résolutoire, c'est-à-dire la clause qui résilie le bail en cas d'impayé. Depuis la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023, entrée en vigueur le 29 juillet 2023, le délai laissé au locataire pour payer est de six semaines. Mais la Cour de cassation a précisé que ce nouveau délai ne modifie pas les délais stipulés dans les baux en cours à cette date (avis du 13 juin 2024, n° 24-70.002, publié au Bulletin).

Pour un bailleur particulier, le bail est conclu pour trois ans au moins et, faute de congé, se reconduit par périodes de trois ans (article 10 de la loi du 6 juillet 1989). Si votre locataire est en place depuis avant le 29 juillet 2023 avec un bail de trois ans, ce bail est donc arrivé à échéance au moins une fois depuis cette date, et a été reconduit ou renouvelé. Or la Cour de cassation a refusé de se prononcer, dans son avis, sur les baux reconduits ou renouvelés après l'entrée en vigueur de la loi : cette question ne commandait pas l'issue du litige qui lui était soumis. Elle reste donc ouverte.

Situation du bailDélai à laisser au locataireFondement
Signé depuis le 29 juillet 2023, y compris sur le contrat type applicable depuis le 1er octobre 2026Six semainesLoi du 6 juillet 1989, art. 24, I
Signé avant le 29 juillet 2023, reconduit ou renouvelé depuis, clause à deux moisDeux mois, par prudenceAvis du 13 juin 2024 et règle du délai le plus long
Signé avant le 29 juillet 2023 et pas encore arrivé à son terme, par exemple un bail de six ans consenti par une personne moraleLe délai écrit dans la clauseAvis du 13 juin 2024

Laisser deux mois au lieu de six semaines ne vous coûte que deux semaines. Un commandement délivré avec un délai trop court, en revanche, peut être contesté et faire perdre bien davantage. Notre guide sur le délai du commandement de payer : six semaines ou deux mois approfondit la question.

Une dette tolérée trop longtemps : la prescription de trois ans

Toutes les actions dérivant d'un bail se prescrivent par trois ans, à compter du jour où le bailleur a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d'agir (article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989). Chaque loyer impayé a sa propre échéance : passé trois ans, les plus anciens risquent d'être perdus, même si le locataire ne les a jamais réglés.

Avec un locataire de longue date, la tentation est grande de tolérer un retard qui s'installe. Tenez au moins un relevé précis, mois par mois, de ce qui a été payé et de ce qui manque : c'est la base du décompte que le commissaire de justice inscrira dans le commandement. Notre guide sur la prescription des loyers impayés explique comment ce délai se calcule.

Une caution ancienne peut aussi jouer. Si l'acte ne fixe aucune durée et qu'elle ne l'a pas résilié, la caution reste en principe tenue des loyers du bail reconduit : nous détaillons ce point sur notre page pour expulser son locataire à Tours.

Bailleur âgé : se faire représenter et faire valoir sa situation

Devant le juge des contentieux de la protection, l'avocat n'est pas obligatoire. Vous pouvez vous défendre vous-même ou vous faire représenter par votre conjoint, concubin ou partenaire de pacte civil de solidarité, vos enfants et petits-enfants, vos parents ou alliés en ligne collatérale jusqu'au troisième degré, comme un frère, une sœur, un neveu ou une nièce, ou par un avocat (article 762 du code de procédure civile). Un représentant qui n'est pas avocat doit justifier d'un pouvoir spécial.

Code des procédures civiles d'exécution, article L. 412-4

Pour fixer les délais accordés à l'occupant avant l'expulsion, d'un mois à un an, le juge tient compte de la bonne ou mauvaise volonté de l'occupant et « des situations respectives du propriétaire et de l'occupant, notamment en ce qui concerne l'âge, l'état de santé » et la situation de famille ou de fortune de chacun.

Votre âge, votre santé et le poids de ce loyer dans vos revenus sont donc des éléments que le juge doit prendre en compte. Préparez des justificatifs : avis d'imposition, pension, charges d'emprunt ou de travaux.

Si le logement appartient à une société civile constituée exclusivement entre parents et alliés jusqu'au quatrième degré, elle est traitée comme un bailleur particulier : elle n'a pas à saisir la CCAPEX, la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives, deux mois avant d'assigner. Ce préalable ne vise que les autres personnes morales (article 24, II).

Locataire âgé : ce qui le protège, et ce qui ne le protège pas

L'article 15, III, de la loi du 6 juillet 1989 interdit au bailleur de donner congé à un locataire de plus de 65 ans aux ressources modestes sans lui offrir un relogement. Cette protection ne joue pas lorsque le bailleur est lui-même une personne physique de plus de 65 ans, ou aux ressources inférieures au même plafond.

Congé et résiliation pour impayés : deux procédures distinctes

La protection de l'article 15, III, concerne le congé donné à l'échéance du bail. Elle ne s'applique pas à la résiliation du bail pour loyers impayés, qui passe par le commandement de payer et la clause résolutoire. En revanche, le juge peut lui accorder des délais de paiement, jusqu'à trois ans, s'il est en mesure de régler sa dette, et son âge comme sa santé comptent pour les délais avant l'expulsion (article L. 412-4).

Avant l'audience, le préfet de la Haute-Vienne fait réaliser un diagnostic social et financier du locataire, transmis au juge. Pour une personne âgée isolée, c'est l'occasion de mettre en place des aides, y compris celles du fonds de solidarité pour le logement (FSL), dont l'adresse figure dans le commandement de payer.

Expulser son locataire à Limoges : tribunal, préfecture et trêve hivernale

Le litige relève du juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Limoges. Selon le tableau IV annexé au code de l'organisation judiciaire, son ressort comprend notamment Panazol, Saint-Junien, Bellac et Saint-Yrieix-la-Perche. Les tableaux IV-II et IV-III, qui énumèrent les chambres de proximité, n'en rattachent aucune au tribunal de Limoges.

L'assignation est notifiée au préfet de la Haute-Vienne au moins six semaines avant l'audience. Après le jugement, le commandement de quitter les lieux ouvre un délai de deux mois, sauf exceptions. Si le locataire reste, le commissaire de justice demande au préfet le concours de la force publique. Son silence pendant deux mois vaut refus, et ce refus ouvre droit à une indemnisation par l'État.

Aucune expulsion n'est exécutée, en principe, entre le 1er novembre et le 31 mars (article L. 412-6 du code des procédures civiles d'exécution). La trêve 2026-2027 court donc du 1er novembre 2026 au 31 mars 2027. Elle n'arrête pas la procédure : notre guide sur la trêve hivernale 2026-2027 explique comment mettre ces mois à profit.

Expulser son locataire à Limoges : coût et accompagnement

Les émoluments du commissaire de justice relèvent d'un tarif réglementé : consultez le détail de nos tarifs. expulsezvotrelocataire.fr n'est ni commissaire de justice ni avocat : il coordonne les professionnels compétents, qui signent les actes et peuvent vous représenter, ce qui vous évite de vous déplacer.

Vous louez aussi ailleurs en Nouvelle-Aquitaine ou dans le Massif central ? Voyez nos pages pour expulser son locataire à Bordeaux et expulser son locataire à Clermont-Ferrand, ou l'index de l'expulsion locative ville par ville.

En résumé

Pour expulser son locataire à Limoges, relisez la clause de votre bail ancien, agissez avant que la dette ne se prescrive et faites-vous représenter si vous le souhaitez. Pour savoir quel délai et quelle étape s'appliquent à votre situation, faites le diagnostic gratuit.

Questions fréquentes des bailleurs à Limoges

Mon locataire est dans les lieux depuis 2015 : quel délai indiquer dans le commandement de payer ?
Pour un bail de trois ans consenti par un particulier, il a été reconduit ou renouvelé au moins une fois depuis le 29 juillet 2023, et la Cour de cassation n'a pas tranché le délai applicable à ces baux. Si la clause résolutoire prévoit deux mois, la prudence commande de laisser deux mois plutôt que six semaines.
Mon locataire a plus de 65 ans : puis-je l'expulser pour loyers impayés ?
Oui. La protection des locataires âgés de plus de 65 ans aux ressources modestes vise le congé donné par le bailleur, pas la résiliation du bail pour impayés. Le juge pourra en revanche lui accorder des délais de paiement s'il peut régler sa dette, et tenir compte de son âge et de sa santé pour fixer des délais avant l'expulsion.
Je suis âgé : un de mes enfants peut-il me représenter à l'audience ?
Oui. Devant le juge des contentieux de la protection, l'avocat n'est pas obligatoire et vos enfants, comme votre conjoint ou certains autres proches, peuvent vous représenter. Le représentant qui n'est pas avocat doit justifier d'un pouvoir spécial signé de votre main.
Puis-je encore réclamer des loyers impayés depuis quatre ans ?
Les actions dérivant d'un bail d'habitation se prescrivent par trois ans à compter du jour où vous avez connu ou auriez dû connaître l'impayé. Les échéances les plus anciennes risquent donc d'être perdues. Agissez sans attendre pour les plus récentes.
Mon logement appartient à une SCI familiale : la procédure change-t-elle ?
Très peu. Une société civile constituée exclusivement entre parents et alliés jusqu'au quatrième degré est traitée comme un bailleur particulier : elle n'a pas à saisir la CCAPEX deux mois avant d'assigner, contrairement aux autres personnes morales.
Limoges est-elle en zone tendue ?
Non. Limoges ne figure pas dans l'annexe du décret n° 2013-392 du 10 mai 2013, dans sa rédaction issue du décret n° 2025-1267 du 22 décembre 2025, et l'encadrement des loyers ne s'y applique pas. La procédure d'expulsion est identique à celle des autres villes.

Sources

  1. Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 24 — Clause résolutoire, commandement de payer, CCAPEX, délais de paiement
  2. Cour de cassation, avis du 13 juin 2024, n° 24-70.002 — ECLI:FR:CCASS:2024:AV15007, publié au Bulletin : délai du commandement dans les baux en cours au 29 juillet 2023
  3. Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 10 — Durée du bail, reconduction tacite et renouvellement
  4. Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 7-1 — Prescription triennale des actions dérivant du bail
  5. Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 15 — Congé donné par le bailleur, protection des locataires âgés de plus de 65 ans
  6. Code de procédure civile, article 762 — Représentation des parties sans avocat obligatoire, pouvoir spécial
  7. Code des procédures civiles d'exécution, article L. 412-4 — Délais accordés à l'occupant : critères, dont l'âge et la santé du propriétaire et de l'occupant
  8. Code des procédures civiles d'exécution, article L. 412-6 — Trêve hivernale du 1er novembre au 31 mars
  9. Code de l'organisation judiciaire, tableau IV annexé — Siège et ressort des tribunaux judiciaires, version en vigueur depuis le 8 juillet 2026
  10. Décret n° 2013-392 du 10 mai 2013, annexe — Liste des communes en zone tendue, rédaction issue du décret n° 2025-1267 du 22 décembre 2025
  11. Service-public.gouv.fr, fiche F1314 — Territoires soumis à l'encadrement des loyers, page vérifiée le 1er août 2026
  12. INSEE, dossier complet de la commune de Limoges (87085) — Recensement de la population 2023, tableaux POP T1, LOG T9 et LOG T10

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